Entretien avec Aurore Sohier

La dimension humaine est au cœur de l’accessibilité. Nous vous proposons de rencontrer celles et ceux qui la font vivre au quotidien dans les bibliothèques. Pour commencer cette série de billets, faisons la connaissance d’Aurore Sohier, médiatrice handicap dans le réseau des bibliothèques municipales de Reims. Elle a rejoint la commission AccessibilitéS de l’ABF en 2021.

Comment a commencé ton expérience en bibliothèque ?

Mon expérience a commencé il y a douze ans. Les bibliothèques municipales de Reims venaient d’acquérir du matériel adapté aux déficiences visuelles grâce à une subvention, et cherchaient une personne malvoyante pour animer ce nouvel espace. J’ai été recrutée en contrat aidé pendant deux ans. J’ai lancé des ateliers, notamment d’initiation au braille, j’ai fait mes preuves et j’ai été titularisée à l’issue du contrat.

Quelles sont tes missions actuellement ?

Dernièrement, j’ai réussi le concours d’animateur. Ma fiche de poste s’est élargie, et je m’occupe à présent aussi de l’accessibilité liée aux troubles dys et aux handicaps mentaux et psychiques. Je suis en constante évolution, à la fois pour approfondir mes connaissances et élargir mes expériences.

Pourquoi avoir rejoint la commission Accessibilités ?

Après une dizaine d’années en bibliothèque, j’ai eu le sentiment que je pouvais être légitime et utile dans ce domaine. J’ai donc accepté de rejoindre la commission pour pouvoir partager l’expérience acquise sur le terrain.

Comment se passe ton quotidien à la bibliothèque ?

Mon quotidien alterne entre les tâches collectives (service public, rangement…) et mes missions de médiatrice handicap. En ce moment, je m’occupe notamment d’organiser la semaine du handicap qui aura lieu en décembre : monter la programmation, chercher des intervenants…

Quel est le projet qui te tient le plus à cœur ?

Les projections de film en audiodescription sont pour moi une des actions les plus marquantes. Elles répondent à une vraie demande. Les projections ont lieu chaque mois : le public est fidèle, et pour certaines personnes peu importe le film qui passe. Ce sont des moments d’harmonie, de partage, de lien social très forts. Quand je sors d’une séance, je mesure toujours à quel point j’aime ce que je fais ! Il y a aussi un public de curieux qui, sans avoir de problème de vision, accepte de vivre l’expérience, y trouve du plaisir et revient régulièrement.  

Qu’est-ce qui te parait le plus important pour l’accessibilité ?

Les partenariats. Ce n’est pas en faisant une journée de formation qu’on apprend le plus, mais bien en rencontrant les personnes directement concernées. Dans cette perspective, travailler avec les associations est extrêmement enrichissant.

Quel message voudrais-tu partager pour terminer ?

Les vertus de l’échange, du fonctionnement en réseau, et l’importance de garder, toujours, l’esprit curieux, de façon à surmonter difficultés et contraintes avec créativité !

Photo d'une séance d'apprentissage du braille

Pour plus d’informations sur l’accessibilité dans les bibliothèques municipales de Reims : https://www.bm-reims.fr/default/accessibilite.aspx?_lg=fr-FR

Propos recueillis par Bélinda Missiroli, le 29 juin 2021.

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