Retour sur un atelier proposé par Aurèle Collin[1] et Myriam Dumarchez[2] de l’Université Grenoble Alpes
À l’occasion des Journées Nationales des bibliothécaires Formateurs (JNF) organisées par l’Association des directeurs et des personnels de direction des bibliothèques universitaires (ADBU)en janvier 2026, Aurèle Collin et Myriam Dumarchez ont montré comment intégrer l’accessibilité dans les pratiques bibliothéconomiques, avec des solutions concrètes et une approche inclusive.
L’accessibilité, bien plus qu’une contrainte
En premier lieu, Aurèle Collin et Myriam Dumarchez le rappellent : « nous avons délibérément choisi un titre provocateur pour atelier : Beauté ou accessibilité : faut-il choisir ? Pourtant ils soulignent que l’accessibilité ne signifie pas renoncer à la créativité ou à l’esthétique. Au contraire, elle invite à repenser nos supports pour qu’ils soient utiles à tous. » Par exemple, une image non décorative peut et doit être accompagnée d’un texte alternatif, même court, pour en expliquer le sens. Ce n’est pas une perte de temps, c’est une opportunité de rendre nos contenus plus clairs et plus inclusifs.
Ils insistent sur l’importance de « déconstruire les idées reçues » : « On croit souvent que l’accessibilité est complexe, alors qu’elle repose sur des gestes simples, comme choisir une police lisible, espacer les lignes ou éviter le jargon. » Un exemple concret ? Remplacer le terme technique « cote » par « adresse du livre » pour faciliter la compréhension des étudiants.
Une dynamique collective impulsée par la formation
La responsable du Service Formation des usagers, avec l’accompagnement de la Mission Accessibilité, a proposé de former l’équipe collectivement via la plateforme Callisto[3]. « Cela a créé une vraie dynamique d’équipe, avec des retours mutuels et la création de modèles de supports accessibles ». Une approche qui a permis d’avancer « pas à pas », sans tout révolutionner d’un coup, mais en intégrant progressivement des bonnes pratiques.
« L’accessibilité ne se limite pas aux personnes en situation de handicap », rappellent-ils. « Une transcription de vidéo peut aider un étudiant en situation de handicap, mais aussi un étranger dont la langue n’est pas le français, ou même quelqu’un en avec mauvaise connexion internet. » Une vision globale qui rappelle que « 1 personne sur 6 est concernée par une contrainte d’accessibilité » – un chiffre qui devrait inciter toutes les bibliothèques à agir.
Vers une culture de l’accessibilité dans les bibliothèques
« Si l’accessibilité n’est pas un réflexe, on laisse des usagers de côté. » Une réalité d’autant plus vraie dans les bibliothèques, espaces d’accueil du public où « l’inclusivité doit être pensée par défaut ».
Leur message aux bibliothécaires ? « Commencez par des petits pas : former une équipe, tester des outils, et surtout, ne pas attendre d’avoir toutes les solutions. L’accessibilité, c’est un travail d’équipe, pas une charge individuelle. »
Voici quelques premiers conseils pratiques pour rendre vos documents accessibles :
Pour le texte :
– Utiliser une police sans empattement, d’une taille assez grande avec un crénage (=espacement entre les lettres) constant et un interlignage suffisant
– Assurer un contraste suffisant pour que le texte soit lisible
– Utiliser un vocabulaire simple, des phrases courtes et sans jargon
Pour les Vidéos
- Penser à la qualité de l’image et du son, Prévoir un sous-titrage.
Pour les images et autres éléments visuels
- L’image que vous allez utiliser, porte-t-elle un sens ou bien est-elle uniquement décorative ? Pour chaque image, identifier celles qui sont décoratives et celles qui sont essentielles. Si l’image a une réelle signification, rédiger un texte (alternation ou de remplacement) qui décrit et en transmet la signification. Si l’image est décoration, indiquer simplement « image décorative ».
[1] Référent formation des usagers à la Bibliothèque Universitaire Joseph-Fourier de l’Université de Grenoble-Alpes
[2] Assistante pédagogique, rôle transversal d’accompagnateur des formateurs des Bibliothèques Universitaires de l’Université de Grenoble-Alpes
[3] https://callisto-formation.fr/